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Une foi au goût pomme-raisin

Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
Frédéric Kienen
4 oct.
3 min de lecture

27e dimanche du temps ordinaire, A

Ph 4,6-9 et Mt 21, 33-43




Chers Frères et Sœurs,

 

Depuis deux dimanches, il faut bien reconnaître que Jésus semble avoir une petite obsession: la vigne ! Dimanche dernier, nous entendions parler de ces deux frères appelés par leur père à travailler à sa vigne. Rappelez-vous, le premier lui répond « non », mais y va quand même, tandis que le second lui dit « oui », mais n’y va pas. Et aujourd’hui encore, dans sa parabole, Jésus nous emmène dans une autre vigne (voire peut-être celle du même père ?). Entre-nous, cette insistance de la vigne à vendanger tombe plutôt bien en ce début du mois d’octobre, où, dans nos régions, commence la récolte des pommes, au moment où les vendanges arrivent doucement à leur terme. Bref, un chassé-croisé de fruits qui nous révèle une réalité plus profonde sur ces mains qui les cueillent. Pourquoi ? Car pour tout vigneron ou arboriculteur, ce moment de la récolte devient un temps de grâce où il contemple ce que la terre a produit, il recueille les fruits du travail accompli … et surtout, il se rend compte que la récolte ne s’arrête jamais vraiment. Une saison se termine, une autre commence et se prépare. Et c’est peut-être justement ce que Jésus veut nous faire comprendre aujourd’hui … car la foi chrétienne aussi connait ce double sens de la récolte : accueillir et fructifier.


En effet, au jour de notre baptême, quelque chose nous a été donné : nous avons reçu la vie du Christ, nous avons été accueillis comme enfants de Dieu, nous avons reçu un trésor immense. Or, le baptême n’est pas un fruit à mettre dans une corbeille comme une nature morte mise en peinture. Plus précisément, nous pouvons facilement penser que, parce que nous avons été baptisés, parce que nous avons reçu la foi, parce que nous avons fait notre première communion, notre profession de foi, notre confirmation … tout est acquis ! Comme si nous pouvions maintenant nous reposer sur nos lauriers en profitant simplement pour soi du don reçu. Mais Jésus nous rappelle avec douceur et avec force que la récolte continue et que les fruits ne peuvent être gardés que pour soi ! La foi n’est donc jamais simplement un don reçu hier, mais une réalité que nous sommes appelés à faire vivre au quotidien. Dès lors, il nous faut continuer à faire mûrir ces fruits reçus, à les croquer pleinement évidemment, mais pour pouvoir en récolter les graines et produire nous aussi une nouvelle récolte.


Saint Paul le confirme d’ailleurs avec des mots très simples : « Mettez en pratique ce que vous avez appris et reçu. » Pas seulement écouter … pas seulement connaître … mais bien mettre en pratique. Et il donne alors une belle orientation : « Tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, digne d’être aimé, tout ce qui mérite l’éloge … prenez cela en compte. » Autrement dit, faites grandir dans votre vie ce que Dieu a semé en vous et qu’il sème encore. Il ne tient donc qu’à nous de cueillir et de savourer ces fruits qu’il nous donne pour que nous puissions grandir et nous élever vers lui. Une parole de pardon peut être un fruit. Un geste de solidarité peut être un fruit. Une visite à quelqu’un qui est seul peut être un fruit. Une parole qui encourage plutôt qu’une parole qui blesse peut être un fruit. Un sourire, une attention, un service rendu discrètement peuvent être des fruits de l’Évangile. Tellement de fruits à récolter qui peuvent nous donner de nouvelles graines à cultiver de nos mains pour produire de nouveaux fruits. Et souvent, ce sont justement tous ces petits fruits-là, cultivés à notre image et à notre mesure, que notre Seigneur attend de nous.


Alors, en cette période où nous voyons autour de nous les récoltes se succéder, peut-être pouvons-nous simplement rendre grâce pour tout ce que ces graines de Bonne Nouvelle du Christ ont déjà fait fructifier dans nos vies, tout en lui demandant la grâce de ne jamais considérer que la récolte est terminée. Car tant que nous sommes en chemin, il y aura toujours quelque chose à faire mûrir, quelque chose à partager … quelque chose à aimer.


Amen. Alléluia !

 

Frédéric Kienen




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