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Un enfant pour dire Dieu

  • Photo du rédacteur: Michel Teheux
    Michel Teheux
  • 23 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Nuit de Noël — 24 décembre 2025

Évangile selon saint Luc 2, 1-14



Au commencement une liste de noms.

Une suite de noms s’écrits les uns en dessous des autres.

Quarante deux noms épelés pour que Dieu enfin, puisse dire le nom familier, le nom aimé, le nom porté depuis des siècles, le nom enfanté.

Quarante deux noms pour qu’on puisse prononcer le nom qui est au-dessus de tout nom. Le dernier né s’appelle Jésus, le nouveau s »’appelle Jésus.

 

Cette nuit nous prononçons à nouveau le nom aimé, le nom par lequel nous sommes sauvés. On l’appellera « Jésus ».

Et ce nom est déjà tout un programme, une promesse, un condensé de vie.

« Dieu sauve, Emmanuel, Dieu-avec-nous » !...

Dans cet enfant, c’est toute l’histoire du salut, l’alliance de Dieu avec les hommes qui se condense. « Jésus, pour Dieu, c’est le nom aimé : Dieu se reconnait en cet enfant, il est le reflet de sa Gloire et l’autre face de lui-même.

« Jésus », c’est le nom que Dieu se donne : il sera pour toujours le Dieu de Jésus ; « Jésus c’est son nom personnel : il ne sera jamais un Dieu anonyme, sans nom et sans visage, il est Celui qui dévoilera son nom dans la vie, les gestes et les paroles de l’Enfant devenu grand.

 

On l’appellera Jésus et Dieu, cette nuit, se réjouit en faisant chanter ce nom : quelque chose manquait à Dieu tant qu’il ne pouvait dire ce nom, Dieu ne devenait lui-même en plénitude qu’en prononçant ce nom disant son être intime, sa relation d’amour, l’union trinitaire du Père et du Verbe dans un seul Esprit. En cette nuit, Dieu se découvre heureux.

 

Il est heureux pour Dieu de devenir un homme. Ce n’est pas pour lui une dégénérescence ou un malheur : Dieu trouve son bonheur en devant petit d’homme. Dieu se fait humain pour être plus divin.

La manière pour Dieu de manifester le plus clairement sa divinité c’est d’entrer en humanité. Dieu s’appelle « Dieu de Jésus ».

Mystère de cette nuit : notre Dieu est humain, Dieu se marie avec notre manière d’être homme.

 

C’est donc qu’il y a eu l’homme, en tout homme, quelque-chose de divin. Il y a comme un lien indissoluble entre Dieu et nous et nous n’avons pas à renier notre être homme pour nous approcher de Dieu. C’est, au contraire, en vivant pleinement notre devenir homme que nous pouvons laisser advenir en nous la promesse de Dieu.

 

Ce serait, pour nous, renier Noël que d’opposer Dieu et l’homme, foi et transformation du monde, prière et action, ascèse et épanouissement. Plus nous serons homme, vraiment homme, plus proches serons-nous de Dieu. Cette nuit, nous avons reçu vocation de Noël : il nous faut devenir des hommes pour plaire à Dieu.

 

Noël n’est pas un anniversaire. Noël n’est pas l’entretien d’une douce nostalgie de notre enfance. Noël n’est pas la trêve des confiseurs. Noël est un devoir : devoir de faire naître l’homme pour que gloire soit rendue à Dieu.

C’est Noël lorsque les murs séparant l’Est et l’Ouest tombent, lorsque le Nord prend en compte qu’il ne peut perdre le sus, lorsque des mains se renouent, des pardons s’ébauchent, lorsque des solidarités nouvelles mettent à mal l’égoïsme de la déprime économique, lorsque la tolérance et le pluralisme ne capitulent devant le sectarisme et les récupérations politiciennes.

 

C’est Noël parce que nous osons croire à l’homme.

Et c’est pour nous qui portons le nom de l’Enfant de Bethléem, chrétiens, c’est pour nous la seule façon possible de croire en Dieu.

 

 

Michel Teheux




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