Un dernier repas pour nous apprendre à aimer…
- Frédéric Kienen

- 2 avr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 avr.
Jeudi saint
Ep 5,8-14 et Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38

Chers Enfants (petits et grands),
Imaginez la réaction d’une jeune maman en entendant son bébé pleurer dans son berceau. Son enfant est encore petit … ses larmes sont-elles le cri de la faim, d’un inconfort ou d’un stress de l’abandon. Alors, que fait cette maman ? Elle se baisse, elle se met à sa hauteur, elle le prend dans ses bras et elle lui donne d’abord un bisou plein d’amour. Elle ne reste pas debout, loin, en disant simplement “ça va aller”. Non, elle se rapproche, elle se penche, elle se fait toute proche pour relever son enfant. Pourquoi fait-elle cela ? Parce qu’elle l’aime très fort. Et vous aussi, vous connaissez ce même élan. À l’école, quand un ami ou une amie tombe dans la cour, quel est votre première réaction ? Votre cœur vous pousse à ne pas rester debout et à regarder. Non ! Vous vous approchez, vous vous baissez, vous vous mettez à sa hauteur, vous lui tendez la main pour l’aider à se relever. C’est un geste simple et différent, certes … mais c’est aussi un geste porté par ce même élan d’amour.
Dans l’Évangile de ce Jeudi Saint, Jésus fait exactement cela. Lui qui est le Seigneur, lui qui est le Maitre, il se lève de table, il se met à genoux et il lave les pieds de ses disciples. Pourquoi ce geste est-il si signifiant ? Car, à l’époque, laver les pieds était le travail des serviteurs … non celui d’un maitre. Et voilà que Jésus prend la place du serviteur. Comme une maman qui se baisse vers son enfant, comme un ami qui s’accroupit pour aider un autre à se relever, Jésus se baisse également vers chacun de nous. Il se rapproche, il se fait tout proche, il se met à notre niveau pour nous relever et nous montrer combien nous sommes aimés.
Toutefois, Jésus ne s’arrête pas là. Ce même soir, pendant le dernier repas avec ses apôtres, il prend du pain et du vin. Et, après les avoir bénis, il dit : « Ceci est mon corps … ceci est mon sang. » En réalité, ces paroles sont au cœur de ce que nous célébrons durant chaque messe, à chaque Eucharistie. De plus, ces bénédictions sont conclues par : « Faites cela en mémoire de moi ! ». Ainsi, par cette ultime injonction, Jésus ne donne pas seulement un geste à reproduire, il ne donne pas seulement un exemple à partager. En effet, par ce mémorial, Jésus se donne lui-même, entièrement. Plus précisément, il donne tout son amour, toute sa vie. Bref, c’est comme s’il disait à chacun de nous personnellement : « Je veux venir dans ton cœur. Je veux habiter en toi. Je veux te donner ma force pour aimer. Mon enfant, ne doute jamais de mon amour pour toi. »
Vous comprenez donc, chers Enfants, que quand vous recevez ce pain et ce vin, ce n’est pas un pain et du vin comme les autres. Non ! C’est une véritable Communion, dans le sens où Jésus vient vous rejoindre au plus profond de votre être. Jésus vient habiter votre corps et votre cœur, afin de vous aider à aimer comme lui. Et pour vous, les enfants plus grands, c’est aussi la même chose. L’Eucharistie n’est pas à saisir comme un geste habituel ou une habitude, mais bien comme une rencontre vivante avec quelqu’un qui se donne totalement par amour pour chacun de vous, pour votre salut.
Alors maintenant, nous comprenons mieux le sens de ces gestes que Jésus a fait durant la dernière Cène, le dernier repas avant sa Passion. Jésus se baisse, comme un serviteur, devant ses apôtres et encore devant nous aujourd’hui pour nous montrer combien Il nous aime. Il se met à genoux, à notre niveau, pour venir nous relever. Il se donne entièrement pour que devenions capables d’aimer comme Lui à notre tour et devenir nous-mêmes des pains d’amour et de vie pour toutes les personnes qui nous entourent.
Enfin, une dernière question demeure : si Jésus vient habiter dans mon cœur, concrètement… qu’est-ce que cela change pour moi ? Peut-être que cela peut me donner le courage de pardonner, d’aider quelqu’un qui est seul, d’être patient, de dire une parole gentille au lieu d’une parole dure. Peut-être que cela peut m’apprendre à oser me baisser devant les autres, à ne pas me croire plus grand qu’eux. Bref, m’apprendre à aimer en osant servir.
Pour conclure, chers Enfants (petits et grands), par ces gestes durant ce repas, Jésus nous montre un chemin. Comme une maman qui se baisse pour embrasser son enfant, comme un ami qui se penche pour relever son camarade, Jésus se fait tout proche de nous. Et par ce pain et ce vin de Communion, c’est-à-dire qui nous unit à Lui, Il nous rappelle chaque jour qu’il s’est donné entièrement par amour pour nous. Il nous rappelle qu’il vient habiter en nous, afin de faire de nous des enfants — et des adultes — capables d’aimer vraiment. Et ça… c’est le plus beau cadeau du monde.
Amen. Maranatha !
Frédéric Kienen



