40 jours, pour suivre Jésus jusqu’à la Croix…
- Frédéric Kienen

- 28 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 avr.
Dimanche des Rameaux
Ep 5,8-14 et Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38

Chers Frères et Sœurs,
Comme vous le savez, le Dimanche des Rameaux inaugure la Semaine Sainte, les derniers pas de notre marche dans le désert vers la Lumière pascale. Nous avons commencé cette célébration dans la joie, en acclamant le Christ comme la foule à Jérusalem, rameaux à la main. Mais très vite, avec le récit de la Passion, la liturgie nous fait changer de ton. Un rappel douloureux que ces rameaux ne sont pas seulement des signes de fête… mais bien d’une fausse joie qui nous conduit jusqu’à la Croix. Bref, nous savons où nous allons. Et c’est précisément parce que nous le savons que ce moment devient précieux. Pourquoi ? Car il nous permet de relire notre chemin de conversion parcouru durant le temps Carême et de discerner comment le Seigneur a transformé nos cœurs et affermi notre foi.
Donc, tout a commencé avec les Cendres, ce mercredi où nous avons entendu cet appel clair de revenir à Dieu, d’entrer librement dans une démarche de conversion, d’accepter de reconnaître nos fragilités. Bref, c’était comme franchir une porte, celle du désert de la foi. Puis il y a eu ces quarante jours, marqués par l’effort, le jeûne, la prière, le partage. Un temps parfois exigeant, parfois aride, mais nécessaire pour purifier notre regard et recentrer notre vie. Toutefois, au cœur de ce désert, le Seigneur ne nous a pas laissés seuls. Il nous a guidés étape par étape.
D’abord, sur la montagne, avec sa Transfiguration qui nous a été donnée comme une lumière dans la nuit, pour nous rappeler que la gloire est au bout du chemin, que la souffrance n’a pas le dernier mot. Ensuite, avec la Samaritaine au puits de Jacob, où le Seigneur a réveillé en nous la soif profonde qui nous habite, cette soif d’un amour vrai, d’une eau vive que rien d’autre ne peut combler. Puis, avec l’aveugle-né, Il a ouvert nos yeux, non seulement pour renouveler notre regard sur le monde, mais surtout pour Le voir véritablement, c’est-à-dire pour croire, pour reconnaître sa présence là où nous ne l’attendions pas. Enfin, avec Lazare, Il nous a placés devant le mystère de la mort, pour nous révéler qu’Il est lui-même la Résurrection et la Vie. Voilà où nous conduisent les Rameaux, vers la joie certes… qui n’est pourtant pas encore accomplie.
En effet, une ultime étape demeure… celle de la Passion où, en une nuit, tout semble s’effondrer. Judas trahit, Pierre renie, les disciples fuient. La foule, qui acclamait, aujourd’hui condamne. Les autorités jugent injustement, les soldats se moquent et humilient. Tout semble obscur, violent, désespéré. Et pourtant, au milieu de ce chaos, Jésus demeure. Il ne répond pas à la haine par la haine, il ne se défend pas, il ne se dérobe pas. Il se livre, librement, par amour pour nous… pour notre salut. Et c’est là que se révèle déjà la Bonne Nouvelle. Pourquoi ? Car la Passion n’est pas seulement le lieu du péché de l’homme, elle est surtout le lieu où la miséricorde de Dieu se déploie avec une force infinie, celle de l’Amour suprême ; la miséricorde qui sera totalement révélée par la Résurrection… mais n’allons pas trop vite et prenons le temps de vivre pleinement chaque jour de la Semaine Sainte à venir.
Pour conclure, chers Frères et Sœurs, grâce à notre marche de quarante jours dans le désert, nous n’avons maintenant plus peur de nous reconnaître pauvres. Nous nous sommes surtout rappelés que notre Seigneur ne vient pas pour les parfaits mais pour nous rejoindre là où nous sommes, pour nous aimer et nous relever. Aussi, entrons maintenant dans cette Semaine Sainte en confiance et en sérénité, en vivant chaque instant avec intensité. Ne soyons pas seulement spectateurs de la Passion mais marchons avec Lui jusqu’au pied de la Croix. Car si nous acceptons de passer avec Lui par la douleur de la Passion, alors nous découvrirons que la vie est plus forte que la mort… alors nous entrerons dans la joie véritable de la Résurrection.
Amen. Maranatha !
Frédéric Kienen



