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40 jours, pour nous abreuver d’eau vive

  • Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
    Frédéric Kienen
  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture

3e Dimanche de Carême - 8 mars 2026

Ex 17,3-7, Rm 5,1-2.5-8 et Jn 4, 5-15.19b-26.39a.40-42



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Écoutez l'homélieFrédéric Kienen - 40 jours pour nous abreuver d'eau vive

Chers Frères et Sœurs,


Durant notre marche dans le désert du Carême, il peut nous arriver d’avoir soif. Soif de sens, soif de courage, soif de paix. Parfois aussi nous ressentons la fatigue car nos efforts spirituels deviennent progressivement plus difficiles à tenir… la prière nous semble plus sèche, l’aumône moins spontanée, le corps plus éprouvé… Bref, notre chemin de conversion nous parait de plus en plus exigeant. Mais aujourd’hui, nos Lectures nous offrent un moment de répit, comme une halte dans le désert ou une sorte d’oasis où le Seigneur nous attend pour nous désaltérer. Et pourtant, malgré ce moment de paix, Il demeure présent pour nous apporter plus que la seule satiété car Il veut également réveiller en nous une force capable de nous renouveler au point de devenir nous-mêmes une source jaillissante. Mais n’anticipons pas et revenons d’abord à la source.


Tout commence donc par la soif du peuple d’Israël qui traverse le désert. Très vite, cette soif devient insupportable et en vient à murmurer contre Moïse : « Pourquoi nous as-tu fait sortir d’Égypte ? » Très vite, ce peuple passe de Massa à Mériba… de l’épreuve à la querelle, révélant ainsi la tentation de douter de Dieu quand Il n’intervient directement dans nos épreuves de la vie. Pourtant, Dieu ne les abandonne pas et fait jaillir l’eau du rocher par la main de Moïse. Ainsi, là où il n’y avait que sécheresse, Dieu fait surgir la vie.


Force est de constater que cette scène annonce déjà ce que Jésus vient accomplir dans l’Évangile. En effet, au puits de Jacob, Jésus rencontre une femme samaritaine. Tout comme Israël, lui aussi a soif. Mais très vite, dès que son corps est rétabli, il réveille cette soif dans le cœur de la Samaritaine. En d’autres termes, Jésus conduit la conversation vers une autre soif, plus profonde, celle de la soif du cœur humain. Et quelle en est l’origine ? En réalité, cette femme cherche l’amour et la reconnaissance, l’apaisement et une vie nouvelle. Et c’est là que Jésus lui révèle qu’Il peut lui donner une eau bien différente capable d’abreuver son cœur.


Cette eau, celle qui devient source jaillissante pour la vie éternelle, c’est l’eau vive. Plus précisément, c’est l’Esprit Saint, comme nous le rappelle saint Paul : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. » Une fois abreuvée par cette eau vive, n’oublions pas également ce qui se passe chez la Samaritaine. Elle laisse sa cruche et court annoncer la nouvelle à son village. Ainsi, celle qui, au départ, était venue pour chercher de l’eau devient maintenant témoin de la source.


Pour conclure, chers Frères et Sœurs, cette rencontre du Christ au milieu de notre désert du Carême est une grande espérance pour nous. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas seuls dans notre désert. Elle nous rassure également sur le fait que le Christ ne nous demande pas seulement des efforts ; il veut nous donner sa grâce, sa présence et son Esprit qui renouvelle notre cœur. Ainsi, le Carême n’est pas seulement un temps d’efforts ou de privations, mais surtout un temps de rencontre. Car comme la Samaritaine, nous sommes invités à nous arrêter près du puits où Jésus nous attend. Pourquoi ? Car Il connaît notre vie, nos blessures, nos fatigues… et pourtant il demeure à nos côtés. Il nous parle, il nous regarde avec amour et il nous offre une eau capable de nous transformer… une eau que nous pouvons également partager pour abreuver ceux qui ont soif autour de nous. Car quand nous rencontrons vraiment le Christ, quand son amour nous rejoint, nous ne pouvons pas garder cette joie pour nous seuls. Notre vie devient témoignage.


Alors, en ce troisième dimanche de Carême, le Seigneur nous invite à faire une pause auprès de lui ; à lui dire simplement notre soif : soif de foi, soif de paix, soif de vie ; et à accueillir l’eau vive qu’il veut verser dans notre cœur. Aussi, que cette Eucharistie soit pour nous l’oasis où Dieu nous désaltère, afin que nous reprenions notre marche vers Pâques avec un cœur renouvelé et plein de joie.


Amen. Maranatha !

 

Frédéric Kienen



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