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Les Béatitudes : fruits de notre conversion

  • Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
    Frédéric Kienen
  • 31 janv.
  • 4 min de lecture

4e dimanche du temps ordinaire - 1er février 2026

So 2,3.3,12-13 ; 1Co 1,26-31 et Mt 5,1-12a


PRAGUE, CZECH REPUBLIC : The mosiac of Sermon on the mount in church kostel Svatého Václava by artwork of S. G. Rudl in workroom of Albert Neuhauser (1928.)
PRAGUE, CZECH REPUBLIC : The mosiac of Sermon on the mount in church kostel Svatého Václava by artwork of S. G. Rudl in workroom of Albert Neuhauser (1928.)

Chers Frères et Sœurs,


Rappelez-vous, dimanche dernier, Jésus nous appelait à la conversion : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » Un appel lancé à nos cœurs et à recevoir personnellement. Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous montre très concrètement ce qu’est cette conversion et surtout ce qu’elle peut produire dans un cœur qui se laisse transformer. Force est de constater que cette lumière transformante est d’autant plus forte par le simple fait que nous nous préparons à célébrer demain la Chandeleur, la fête du Christ, « Lumière pour éclairer les nations, en anticipant les mots de Siméon. Dès lors, prenons le temps de méditer ensemble le sens de notre conversion et de ses fruits, promesses lumineuses.


Premièrement, clarifions certaines idées préconçues. La conversion n’est pas d’abord une performance morale ni une accumulation d’efforts héroïques. Non ! La conversion est avant tout un retournement au sens étymologique du terme ; un retournement de notre logique humaine comme un déplacement intérieur qui nous invite à passer de la confiance en soi à la confiance en Dieu. Pour préciser ce déplacement, pensons au prophète Sophonie lorsqu’il s’adresse à un peuple éprouvé, parfois découragé, trop tenté de s’appuyer uniquement sur ses propres forces. En réponse à leur désarroi, Sophonie leur lance cet appel simple : « Cherchez le Seigneur, vous tous les humbles du pays (…) cherchez la justice, cherchez l’humilité. » Pourquoi ? Pour leur rappeler deux choses fondamentales : d’une part leur condition humaine… avec ses fragilités, ses doutes et surtout sa capacité de savoir qu’il existe Quelqu’un avec la puissance et la volonté de les relever ; d’autre part, que ce Quelqu’un, c’est Dieu en qui chacun peut trouver refuge en invoquant humblement son nom. La conversion commence donc là … dans le fait d’accepter d’être pauvre devant Dieu. Non pas pauvre de misère ou de fatalisme, mais pauvre de cœur, c’est-à-dire en reconnaissant que nous ne nous sauvons pas nous-mêmes, que nous avons besoin de Dieu pour nous dépasser et que sans lui nous risquons grandement de nous perdre.


Remarquons également que saint Paul reprend cette même vérité du Salut au-delà de notre condition humaine lorsqu’il affirme : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi. » Un retournement de notre logique où Dieu ne construit pas son Royaume avec les puissants, les brillants, les autosuffisants. Une conversion de nos cœurs en affirmant que son Royaume se construit avec ceux qui acceptent de dépendre de Lui. Alors, c’est vrai … cela peut nous déranger, car nous aimons être forts, compétents, reconnus. Pourtant, l’Évangile nous révèle un paradoxe : c’est quand je reconnais mes limites que Dieu peut agir en moi.


Et c’est exactement ce paradoxe que Jésus révèle dans les Béatitudes. En effet, les Béatitudes ne sont pas un idéal inaccessible réservé à quelques saints extraordinaires. Pourquoi ? Car elles sont le portrait du cœur converti et décrivent ce qui naît en nous quand nous laissons Dieu transformer notre manière de vivre : la joie, le chemin du bonheur véritable. Heureux les pauvres de cœur, heureux les doux, heureux les artisans de paix, heureux les cœurs purs. En réalité, ce bonheur dont parle Jésus n’est pas une émotion passagère ni l’absence de problèmes. Ce bonheur dont parle Jésus, c’est la joie profonde de celui qui sait que sa vie est entre les mains de Dieu. Ainsi, en réponse à ce que le monde nous dit souvent : « Tu seras heureux si tu possèdes, si tu domines, si tu réussis. » Jésus nous dit : « Tu seras heureux si tu fais confiance, si tu aimes, si tu te laisses aimer. » Voilà donc les premiers fruits de la conversion : une liberté nouvelle, une paix intérieure … et une lumière. Une lumière qui ne force pas, mais éclaire doucement comme une flamme encore vacillante certes, mais déjà capable de repousser nos ténèbres et prête à s’embraser.


Pour conclure, chers Frères et Sœurs, la conversion à laquelle Jésus nous appelle encore aujourd’hui et demain (ne l’oublions pas), c’est laisser Sa lumière entrer dans nos zones d’ombre … c’est laisser le Christ éclairer nos peurs, nos blessures, nos résistances, mais aussi nos désirs profonds. Car quand un cœur s’ouvre à Sa lumière, celui-ci peut changer. Il devient plus humble, plus patient, plus miséricordieux … plus capable d’aimer. Alors, en ce dimanche, demandons simplement au Seigneur la grâce d’avoir le courage d’être pauvres devant Dieu, d’avoir le courage de lui présenter nos fragilités, d’avoir le courage de croire que sa lumière peut transformer nos vies. Afin que le Christ, Lumière du monde, fasse de chacun de nous de petites flammes vivantes, capables d’éclairer, par notre douceur et notre foi, les chemins de ceux que nous rencontrons.


Amen. Alléluia !

 

Frédéric Kienen



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