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Jésus nous convertit à l’unité

  • Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
    Frédéric Kienen
  • 25 janv.
  • 3 min de lecture

3e dimanche du temps ordinaire - 25 janvier 2026

1Co 1, 10-13.17 et Mt 4,12-17


Chers Frères et Sœurs,

 

Après le Baptême du Seigneur et le témoignage de Jean le Baptiste qui nous désigne Jésus comme l’Agneau de Dieu, nous poursuivons notre chemin de foi dans le temps ordinaire, ce temps propice à la croissance où la foi se vit dans le quotidien. Et les Lectures que nous entendons ce dimanche sont tout sauf ordinaires. Pourquoi ? Car elles viennent toucher très concrètement notre foi, d’une part dans l’accueil de l’Agneau de Dieu dans nos cœurs et d’autre part dans notre manière de la vivre ensemble.


En effet, l’Évangile nous montre aujourd’hui Jésus qui commence doucement son chemin public. Sans reproches ni condamnations, il s’approche simplement. Il va en Galilée, une terre simple, parfois méprisée, mais habitée par l’attente. Et c’est là que Jésus prononce cette parole très brève : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » Bon, il est vrai que nous pourrions entendre cette phrase comme un ordre… mais aussi et surtout comme une bonne nouvelle car le Royaume est déjà là, à portée de main. Dès lors, cette bonne nouvelle, pour qu’elle puisse rayonner demande une attitude particulière ; non pas d’abord comme un effort à produire, mais une ouverture et une disponibilité à ce que Dieu est en train de faire dans nos vies. Bref, un retournement de nos cœurs – c’est-à-dire la conversion –, la véritable attitude capable de concrétiser Son Amour dans notre quotidien. Saint Paul, de son côté, écrit à une communauté bien vivante, avec ses richesses et ses fragilités. À Corinthe, il y a des différences, des sensibilités diverses, parfois des tensions… un ensemble qui crée des divisions. Paul en est bien conscient. Toutefois, il les dépasse en recentrant les membres de cette communauté sur l’essentiel, sur le fait que nous appartenons tous d’abord au Christ.


En ce dimanche, cet appel à la conversion et le Christ comme la véritable source d’unité résonne d’une manière toute particulière, puisque se termine aujourd’hui la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Ce n’est pas un détail du calendrier… c’est comme si la liturgie venait elle-même nous rappeler le cœur de l’Évangile : l’Amour. En effet, saint Paul nous pose une question très simple, presque désarmante : « Le Christ est-il divisé ? » Force est de constater que cette question résonne encore pour nous aujourd’hui avec la même intensité. En effet, elle nous rappelle qu’au-delà notre histoire personnelle, au-delà de notre manière de vivre la foi, il y a le Christ… Lui nous lie les uns aux autres. Ainsi, cette semaine pour l’unité des chrétiens nous a invité à regarder l’autre non pas d’abord comme « différent », mais comme un frère et une sœur, déjà marqués du même baptême, déjà habités par le même désir de Dieu. Plus précisément, l’unité n’est pas d’abord quelque chose à fabriquer de toutes pièces mais bien à vivre. Pourquoi ? Car elle est un don déjà là, fragile peut-être, mais réel. C’est d’ailleurs ce que nous révèle Jésus par son appel à la conversion, comme le chemin vers l’unité. En ce sens, la lumière qu’il fait lever dans nos cœurs et notre foi ne supprime pas d’un coup toutes les divisions… soyons réalistes. Cependant, elle permet bien de marcher ensemble, pas à pas, sur Son chemin et dans une même direction.


Pour conclure, chers Frères et Sœurs, prier pour l’unité des chrétiens (tant pour notre communauté que les autres confessions), ce n’est pas nier nos différences ni chercher à les effacer. C’est accepter de les confier au Christ, en croyant que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. Prier pour les chrétiens, c’est reconnaître que l’unité est avant tout l’œuvre de Dieu et que notre rôle est surtout de lui faire de la place. Car, au fond, l’unité à laquelle nous sommes appelés ne commence pas par des accords ou des stratégies, mais par la conversion du cœur ; et se convertir, ce n’est pas d’abord vouloir changer les autres, ni même changer l’Église, mais bien se laisser recentrer sur le Christ. Ainsi, plus nos cœurs se tournent vers Lui, plus ils se rapprochent les uns des autres car le Christ demeure le centre qui rassemble et qui peut nous faire grandir quand nous acceptons de nous laisser transformer par Sa présence, quand nous consentons à marcher ensemble derrière Lui, même avec nos différences.


Aussi, en ce dernier jour de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, demandons au Seigneur de convertir nos cœurs, afin que, rassemblés autour de Lui, nous devenions un signe humble mais vrai de son amour pour le monde.


Amen. Alléluia !

 

Frédéric Kienen



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