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La porte du Royaume

  • Photo du rédacteur: Michel Teheux
    Michel Teheux
  • il y a 24 heures
  • 3 min de lecture

4e Dimanche de Pâques - 26 avril 2026

Dimanche des Vocations

Évangile selon saint Jean 10, 1-10




Jésus polémique avec ses adversaires habituels, les pharisiens, qui enferment les gens dans l’enclos de leurs doctrines et de leurs règlements. Ils ne sont que des voleurs, des brigands et des loups ; ils volent, ils pillent et détruisent.

Pharisiens de la primitive Église, ils veulent tracer à la prière les limites du Temple et ils fixent au salut les frontières du Judaïsme. Pharisiens de tous les temps, ils parquent les fidèles pour mieux les protéger, les garder, les tenir !

 

« Je suis la porte », dit Jésus. Il n’est plus question d’enclos. Jésus ouvre la porte sur le monde de Dieu et sur le monde de l’homme.

 

La porte ouvre sur la campagne verdoyante, sur l’aventure et le grand vent.

Jésus ouvre à l’infini de l’aventure avec Dieu.

« Je suis la porte », dit-il, « et je fais éclater les murailles de la crainte, de la défense, de l’étroitesse ». Dieu est en dehors des murailles : il le montrera le jour où il sera élevé en croix aux portes de la ville, hors des murs de la cité.

« Si quelqu’un passe par moi, il sera sauvé ; il entrera dans la terre où souffle le grand vent, l’Esprit de Dieu ». Le Christ ressuscité est une brèche dans nos horizons bouchés ; il ouvre un avenir nouveau.

 

Car la tendresse de Jésus est manifestée non pas pour que nous restions bien au chaud dans notre bergerie ou notre enclos ; elle nous attire au contraire en avant, pour le suivre, lu, le berger.

Le chrétien est un disciple. Mais non un gourou qui le retiendrait, une fois entré. Le disciple est convié à devenir un ami ; Et un ami est libre d’aimer. Il n’y a pas d’obligation à venir en ce lieu : et il est possible de vivre générosité et vérité, en dehors de la foi chrétienne. On reconnaît cette porte qu’est le Christ justement parce qu’elle est « gratis ». Pas de péage ni de piège.

 

Libre d’entrer, libre de sortir. Le voyage dans la foi est marqué de doutes. Parfois même, il apparaît qu’il pèse trop. Peut-être parce que ce n’est pas le Christ de liberté et de bonté qui fut rencontré. Alors, telle ou tel, éclipse. Peut-être reviendra-t-il, ou non. Mais Dieu reste, lui, sans rancune ni jugement assassin. Espérant seulement.

 

N’est-ce pas là une condition que nous connaissons bien ? Transmettre le goût de Dieu demande qu’il soit possible d’entrer et de sortir.

De l’Église, de l’aumônerie, etc… Sans imaginer déserter, maudit, pire : nul.

 

Le Christ craint les brigands, il a bien raison, ils sont nombreux. Voleurs de Dieu, usurpant le droit de passage et tenant les portes fermées. Du temps de Jésus, des hommes « purs » firent ainsi et le condamnèrent à mort.

Aujourd’hui l’escroquerie ne faiblit pas : diseurs de bonne et mauvaise aventure, pseudo-révélation scientifique, politique, religieuse aussi. Il arrive même qu’elle vicie le témoignage de l’Église lorsqu’elle prétend imposer une pensée unique et l’affuble de « vérité » sur Dieu.

 

Jésus est la porte. Une porte étroite qui filtre le chameau et le riche suffisant : porte exigeante qui mène au chemin escarpé de la croix. Porte de lumière comme l’ouverture béante d’un tombeau ouvert sur le mystère de la vie.

« Que devons-nous faire « ? interrogeaient les premiers chrétiens. « Convertissez-vous », répondait Pierre. Et son appel retentit jusqu’à nous, non pas comme une injonction morale, mais comme une question qui attenait au fond du cœur : « Qui choisissez-vous comme guide » ?

 

La porte est certes étroite mais elle ouvre sur des espaces infinis et un horizon que nul ne peut emprisonner. La porte s’ouvre sur un appel d’air que personne ne pourra endiguer et l’appel du Maître épouse tous les aléas de la vie.

« Que devons-nous faire » ? La porte ouvre sur un élargissement du cœur qui prend les dimensions de tous les méandres de chaque vie.

 

La porte est encore le lieu où l’on passe et l’on se réunit.

« Je suis la porte », dit Jésus, Qui passe par lui est uni à une communauté où les liens intérieurs de la connaissance, de l’amour et du partage sont plus forts que ceux tissés par les contraintes et les prescriptions. Il est la porte et le lieu de la liberté dans l’amour.

 

Une porte ouvre sur un univers jusqu’alors interdit. Aux jours du péché, Dieu avait placé deux anges au glaive de feu pour interdire le paradis perdu et l’arbre de la vie. Désormais Dieu venait lui-même et il est la porte, le passage.

Qui passe par lui connaîtra la vie.

« Je suis venu disait Jésus, pour que les hommes aient la vie en abondance ».

 

 

Michel Teheux



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