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« La loi de la foi »

  • Photo du rédacteur: Michel Teheux
    Michel Teheux
  • 14 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 févr.

6e dimanche du temps ordinaire - 15 février 2026

Évangile selon saint Matthieu 5, 17-37




« Si votre justice ne surpasse pas celle des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » ! après de telles paroles, aussi abruptes et exigeantes, on demeure étourdi et presque muet.

 

En vérité, il faut que nous soyons stupéfaits. Il faut que quelque chose en nous soit indigné : « Seigneur, si telles sont les conditions d’entrée dans ton Royaume, seuls pourront y pénétrer quelques saints héroïques… » Il faut que quelque hose en nous soit désespéré et que, tristement, nous nous interrogions, avec les Apôtres : « S’il en est ainsi qui peut être sauvé » ? Et notre désarroi grandit quand nous recevons cet impératif non comme une sorte de loi édictée par un pouvoir lointain ou publié dans un « moniteur » (et tant pis pour ceux qui n’auront pas pris connaissance de la Loi et ne l’observeront pas) : Jésus fixe sur les siens son regard et chaque phrase vient à nous, développée par le regard brûlant du Maître.

 

« Si votre loi n’est pas supérieure à celle des scribes… » La loi nous fait songer à ses mots peu agréables : code, commandement, obligation, droit, devoir, norme, principe. Des mots que la psychologie dénonce comme responsables de la difficulté de vivre, à cause des abus qui en découlent.

 

Mais pourquoi donc avoir oublié que le mot « Loi » renvoie aussi à un autre monde ?

Les lois physiques, les lois biologiques, les lois de l’art… Équilibre des tensions, épanouissement de la vie. La loi, c’est l’envers du chaos. La loi, maîtresse de vie, reliée au prophète et au disciple. Jonction entre le ciel et la terre, entre le divin et l’humain. « Le Seigneur a mis devant toi le feu et l’eau, la vie et la mort : étends donc la main vers ce que tu choisis ».

 

Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes… La justice des scribes est fondée sur la lettre morte des commandements, identifiée avec la scrupuleuse observance d’obligations sans âme. Notre justice, elle, trouve sa source dans une Parole vivante inscrite en lettres de feu. Oui, notre justice est supérieure, car elle est une loi de vie et l’envers du chaos. Elle est un nom, une personne. Christ lui-même. Notre loi, c’est Jésus Christ. C’est parce qu’il est entré en moi comme réconciliation et pardon que, du dedans de moi, il me sollicite de me réconcilier.

C’est parce qu’il est entré en moi comme fidélité et amour que, du dedans de moi, il me garde fidèle.

 

Le Christ du discours sur la montagne n’est pas un autre que celui du discours après la Cène : « Je suis le cep et vous êtes les sarments. Qui demeure en moi et moi en lui porte beaucoup de fruits, car hors de moi, vous ne pouvez rien faire ».

Il ne nous servira à rien de faire de l’Évangile une morale si, en même temps, nous n’en faisons pas une mystique, à savoir celle de notre union avec le Christ, celle de notre greffe sur sa propre personne.

 

La sagesse chrétienne est toute différente de celle du monde.

La sagesse du monde dit : « Voici la mesure de vos forces : ne demandez rien au-delà ». La sagesse chrétienne s’écrire avec Saint Paul : « Je puis tout en celui qui me fortifie ». La sagesse des hommes dit : « Dieu n’en demande pas autant ». Peut-être aucun d’entre nous n’est-il capable d’être vraiment juste, de vraiment pardonner, de vraiment devenir fidèle. Mais chacun d’entre nous est capable d’accueillir le Christ, notre justification, la grâce du Père, des miséricordes et notre salut. Il n’y a pas de vocation chrétienne, pas d’appel et d’exigences évangéliques, sans qu’il n’y ait aussi une nouvelle création par l’Esprit.

 

Frères et sœurs, nous ne connaissons qu’une Loi, celle de notre développement en Dieu : nous avons à devenir par grâce ce que nous sommes déjà par sa présence en nous.

 

Michel Teheux



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