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Témoin d’aujourd’hui face au balancier de la foi …

  • Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
    Frédéric Kienen
  • 21 juin
  • 3 min de lecture

12e dimanche du temps ordinaire

Rm 5,12-15 et Mt 10,26-33




Chers Frères et Sœurs,


Dimanche dernier, souvenez-vous, nous entendions Jésus appeler ses disciples chacun par leur nom avant de les envoyer en mission (guérir, annoncer la Bonne Nouvelle). Aujourd’hui, il poursuit son enseignement en leur révélant une réalité essentielle … que cette mission ne sera pas toujours facile. En effet, les versets qui précèdent l’Évangile de ce jour sont même assez rudes : « je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. » Ces versets révèlent ainsi le sens de sa Parole du jour et ce balancier intérieur qui peut émerger au plus profond de notre âme, qui oscille entre crainte et confiance et qui, au final, nous engage à choisir pour avancer dans notre vie de foi.


La première parole que Jésus adresse à ses disciples est ce premier pas : « Ne craignez pas !» Trois fois dans ce passage, il revient sur cette invitation. Comme si le Seigneur savait que la peur est souvent notre première réaction lorsque vient le moment de vivre notre foi au grand jour. Car la peur nous accompagne souvent : peur du regard des autres, peur de ne pas être à la hauteur, peur de nous tromper, peur de perdre quelque chose en choisissant l’Évangile. Alors nous hésitons, nous calculons, nous coupons les cheveux en quatre avant de poser un acte de bonté, de pardon ou de vérité. Nous cherchons parfois mille raisons pour remettre à demain ce que notre cœur sait déjà être juste aujourd’hui.


Face à cela, Jésus nous demande de choisir. Choisir la confiance plutôt que la crainte. Choisir le bien plutôt que le péché. Choisir de croire que Dieu est à l’œuvre même lorsque tout semble compliqué. Choisir face à ce balancier intérieur … c’est exactement ce que saint Paul nous rappelle lorsqu’il évoque le péché qui est entré dans le monde par un homme, Adam. Mais il ajoute aussitôt que la grâce de Dieu est infiniment plus grande. Le mal existe, le péché marque notre monde et nos propres vies, c’est vrai … mais limité ; Dieu est un Père d’amour, le Christ est ressuscité, c’est vrai … et infini. Bref, nous pouvons assurer nos choix devant cette mesure : « Là où le péché a abondé, l’amour de Dieu a surabondé. » Plus précisément, oui … nous pouvons effectuer de mauvais choix dans notre vie de foi … mais ce n’est pas celui-ci qui doit nous définir à vie.


Voilà pourquoi nous pouvons choisir la confiance. Non pas parce que nous sommes forts, mais parce que nous sommes aimés. « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés. » Ne nous méprenons pas, ce n’est évidemment pas une question de mathématiques divines, mais bien une manière de nous dire combien nous sommes précieux à ses yeux. Quand un parent caresse la tête de son enfant, il ne compte pas ses cheveux ; il lui manifeste simplement son amour. Depuis notre baptême, le Père pose sa main sur notre tête, Il nous appelle ses enfants. Depuis ce jour, aucun détail de notre vie ne lui échappe … aucune joie, aucune blessure, aucune inquiétude. Il nous connaît mieux que nous-mêmes et nous aime plus que nous ne pouvons l’imaginer.


Pour conclure, chers Frères et Sœurs, dans notre mission de témoigner de son Evangile, le Seigneur nous invite aujourd'hui à un choix simple, mais qui engage toute notre vie : allons-nous laisser nos peurs guider nos décisions ou allons-nous faire confiance à ce Père qui veille sur nous avec une infinie tendresse ? Les peurs nous font souvent hésiter, reculer ou nous replier sur nous-mêmes ; la confiance, elle, nous permet d'avancer, même avec des pas fragiles, parce que nous savons que nous ne marchons jamais seuls. Alors, au moment de choisir entre la facilité et l'Évangile, entre l'égoïsme et l'amour, entre le silence et le témoignage, souvenons-nous de cette parole de Jésus : « Vous valez bien plus qu'une multitude de moineaux. » Et si nous avons parfois du mal à reconnaître le Christ devant les hommes et les femmes de notre monde, rappelons-nous d’abord que lui ne cesse jamais de nous reconnaître devant son Père. C’est cette fidélité qui peut nous donner le courage, jour après jour, de choisir à notre tour la confiance, l’amour et la vie.


Amen. Alléluia !


Frédéric Kienen




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