Prier, louer… se reposer en Dieu
- Frédéric Kienen

- 5 juil.
- 4 min de lecture
14e dimanche du temps ordinaire
Za 9,9-10 , Rm 8, 9.11-13 et Mt 11, 25-30

Chers Frères et Sœurs,
Pour beaucoup, le mois de juillet est synonyme de vacances. C'est le temps où l'on rêve de repos, où l'on espère retrouver un peu de calme après une année bien remplie. Pour les plus jeunes, c'est aussi le moment où tombent les résultats scolaires : certains se réjouissent, d'autres vivent peut-être la déception d'un échec ou l'inquiétude devant l'avenir. Dans ces situations si différentes, la Parole de Dieu d'aujourd'hui nous rejoint avec une même promesse, celle de Jésus qui nous dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » En ce sens, il nous rejoint en affirmant qu’il veut marcher avec nous afin que nos fardeaux ne nous écrasent plus et surtout transformer notre manière de les porter pour ne pas qu’ils nous écrasent. Ainsi, pour atteindre cette paix intérieure, Jésus nous donne deux balises précieuses.
La première est la prière. Avant même de s’adresser aux foules, il se tourne vers son Père, comme « Seigneur du ciel et de la terre », pour le prier. Pourquoi ? Déjà par le fait que toute sa mission prend sa source dans cette relation d'amour avec son Père ; surtout, pour nous montrer que la prière n'est pas d'abord une liste de demandes, mais le moment privilégié où nous déposons notre vie entre les mains de quelqu’un qui nous aime. La prière nous permet ainsi de saisir le fait que nous ne sommes pas seuls à porter notre existence. Plus précisément, c’est lorsque nous cessons de vouloir tout contrôler, lorsque nous acceptons humblement de nous laisser conduire par quelqu’un en qui nous avons entièrement confiance, que notre cœur devient plus léger. Alors, c’est vrai… la prière ne supprime pas toujours les problèmes, mais elle change déjà notre regard sur nous-mêmes en nous rappelant que nous ne sommes pas seuls… que quelqu’un est là pour porter avec nous ce qui semblait impossible à porter seuls.
La seconde balise est la louange. « Père, je proclame ta louange. » Jésus ne commence pas sa prière par une plainte… mais par une action de grâce, bousculant ainsi notre logique. Pourquoi ? Car il veut nous conduire vers la douceur de la sincérité. En effet, la louange est peut-être la forme de prière la plus difficile, car remercier Dieu lorsque tout va bien est relativement facile ; mais continuer à lui faire confiance lorsque les nuages s'accumulent demande une foi profonde. La louange ouvre ainsi plus grand notre cœur, en nous apprenant que Dieu demeure présent à tout moment de notre vie dans les joies et les épreuves, et bien qu’il agisse souvent discrètement, prendre conscience de sa présence peut nous faire découvrir que notre bonheur ne dépend pas uniquement de ce qui nous arrive, mais bien de la constance de la présence du regard sur nous de Celui qui marche à nos côtés.
C'est alors que nous pouvons comprendre cette parole étonnante de Jésus : « Prenez sur vous mon joug. » Un joug évoque spontanément un poids, une contrainte. Pourquoi Jésus nous demanderait-il d'en porter un (surtout lorsque nous sommes dans l’épreuve) même lorsque tout va bien ? La réponse est simple : parce que son joug n'est pas celui de l'obligation ou de la peur… mais celui de l'amour. Autrefois, le joug réunissait deux animaux afin qu'ils avancent ensemble. Par cette image du jour, Jésus ne nous demande pas de porter seuls le poids de notre vie. Par cette image, Jésus se place à nos côtés, prend avec nous la plus grande part de la charge et nous apprend à avancer à son rythme. Et cette présence de Jésus dans nos vies, ce soutien indubitable porte un nom : l'Esprit de Dieu qui habite en nous. C’est donc par l’Esprit, présence discrète mais dont la puissance est réelle, l’Esprit qui nous donne la force de choisir chaque jour le chemin de la vie même lorsque celui-ci paraît difficile, que nous ne sommes plus livrés à nos seules forces, où l’Esprit.
Pour conclure, chers Frères et Sœurs, en suivant les deux balises que le Christ nous offre aujourd’hui — la prière qui nous unit à Dieu et la louange qui ouvre notre cœur à son action — les vacances qui commencent ce weekend peuvent se transformer en temps de grâce ; non seulement pour reposer notre corps, mais aussi pour laisser respirer notre âme… en profitant de la chaleur du soleil pour prendre quelques instants pour prier, pour contempler la beauté de la création, pour participer à l'Eucharistie ou pour remercier le Seigneur. Bref, en prenant conscience que toutes ces petites joies du quotidien sont autant de moyens de retrouver cette paix intérieure. Et si certains vivent aujourd'hui un échec, une inquiétude ou une déception, que cette parole de Jésus demeure une source d'espérance et d’apaisement ; car pour lui, notre valeur ne dépend jamais de nos résultats, de nos réussites ou de nos performances… car aux yeux de Dieu, ce Père aimant, nous sommes d'abord ses enfants bien-aimés.
Amen. Alléluia !
Frédéric Kienen



