Le « oui » de Marie, Mère de Dieu
- Frédéric Kienen

- 31 déc. 2025
- 4 min de lecture
Marie, Mère de Dieu — 1er janvier 2026
Nb 6,22-27 , Ga 4,4-7 et Lc 2,16-21

Chers Frères et Sœurs,
En ce premier jour du nouvel an, l’Église nous fait commencer ce temps par une bénédiction, une naissance… et une mère. Rien n’est laissé au hasard ! En effet, nous n’ouvrons pas l’année 2026 par un programme ni par de bonnes résolutions (souvent oubliées ou abandonnées). Non ! Mais bien par un visage aimant et permanent, celui de Marie, Mère de Dieu, et par le sourire d’un enfant, qui nous a aimés avant même notre propre naissance, Jésus, notre Sauveur.
Alors déjà, pour bien commencer cette nouvelle année, rien de plus de merveilleux que d’entendre une bonne nouvelle… cette bénédiction que nous connaissons par cœur : « Que le Seigneur te bénisse et te garde. » Cette formule de bénédiction, qui clôt toute célébration eucharistique autant qu’elle nous envoie dans le monde, n’est pas une formule magique mais bien une promesse. La promesse que Dieu marche avec son peuple, que Dieu demeure en nous. Et Marie est celle qui, en tant que la première en chemin (comme nous l’avons chanté en chant d’entrée), a accueilli cette marche de Dieu dans sa propre vie. Mais comment partager cette bénédiction qui nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle ? En réalité, c’est Marie qui nous ouvre cet accueil. En effet, dans l’Évangile, Marie ne parle presque pas. Elle garde, elle médite, elle avance. Bref, dans son cœur et dans sa foi, elle est déjà en chemin… de Nazareth à Bethléem, de la promesse à l’accomplissement, de l’attente à la naissance. Ainsi, en ce premier jour de l’année, l’Église nous donne Marie comme patronne du chemin, c’est-à-dire non pas celle qui sait tout d’avance, mais bien celle qui fait confiance et avance pas à pas. Cette bénédiction de Dieu, elle n’a pas besoin de la partager par la parole car elle en témoigne autour d’elle par sa propre vie. Ainsi, commencer la nouvelle avec Marie, c’est donc accepter de ne pas tout maîtriser… c’est se laisser conduire par elle dans le témoignage de notre foi, sous le regard bienveillant de Dieu qui nous bénit et qui nous garde.
Avancer… mais vers où ? Ou plutôt vers qui ? Face à cette question légitime, saint Paul nous révèle le cœur du mystère que nous célébrons aujourd’hui : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme… afin de faire de nous des fils. » Plus précisément, il est question d’un cadeau des plus précieux. Plus précisément, ce que les rois mages offriront plus tard – l’or, l’encens, la myrrhe – est surtout précédé par un cadeau infiniment plus grand et qui nous concerne tous : le don de la vie elle-même… le don d’une vie reçue, portée, enfantée par une mère. Voilà pourquoi, en réponse à ce premier don reçu de Dieu, Marie ne garde pas son Fils pour elle. Elle le présente et le donne au monde. Et en donnant son Fils unique, elle nous reçoit tous également comme ses propres enfants, en nous donnant la vie… la vie spirituelle. Ainsi ce que Dieu nous offre en ce jour, ce n’est pas seulement une année de plus, mais une identité nouvelle, en nous rappelant que nous ne sommes pas des survivants du temps à subir, du temps qui passe inexorablement. Alors c’est vrai… peut-être qu’en ce début d’année nous portons des inquiétudes, des fatigues ou des blessures. Cependant Marie nous rappelle que la vie n’est pas d’abord une lutte ou un combat à gagner, mais bien un don à accueillir. Marie nous appelle aussi à l’amour… car nous sommes tous des fils et des filles de « Abba », de ce Père qui aime tous ses enfants avec la même intensité, de ce Père qui nous appelle chacun par notre nom.
Enfin, il est frappant de constater que l’année liturgique commence par l’Avent avec l’annonce du Fils de l’homme, c’est-à-dire l’attente active de Dieu dans le monde, et que l’année civile commence aujourd’hui avec Marie qui l’a effectivement porté. En effet, ce lien est profond car tout commence par un « oui ». Le oui de la foi qui se nourrit de la promesse du salut de Dieu… le oui de Marie de porter l’Enfant-Dieu, l’Emmanuel lors de l’Annonciation. Ce oui qui nous engage nous aussi à dire oui à la vie, oui à Dieu, oui à l’imprévu de l’Esprit. Ainsi, vous l’aurez compris, c’est ce oui qui résonne encore aujourd’hui par la voix de Marie au rythme de l’amour d’une mère pour son enfant. Marie qui nous apprend que le temps, même s’il nous parait parfois incertain, n’est pas vide car il est habité par la présence de Dieu dans nos vies et dans nos cœurs.
Pour conclure, chers Frères et Sœurs, à l’aube de 2026, l’Église ne nous demande pas de tout réussir mais de bien commencer à l’image de Marie, sous la bénédiction de Dieu, c’est-à-dire en accueillant la vie comme un don et en laissant notre propre « oui » ouvrir un chemin pour le Seigneur dans notre foi, dans notre cœur, dans notre monde.
Ainsi, que Marie, Mère de Dieu et notre Mère, nous apprenne à marcher dans le temps avec confiance, à recevoir et à partager la vie comme des fils et des filles nés du même amour du Père.
Amen. Alléluia !
Frédéric Kienen



