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Ce silence qui nous parle d’un nouveau chemin

  • Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
    Frédéric Kienen
  • 28 déc. 2025
  • 3 min de lecture

La Sainte Famille — 28 décembre 2025

Si 3, 2-6.12-14 ; Col 3, 12-21 et Mt 2, 13-15.19-23


Chers Frères et Sœurs,


Après le tumulte des visites, vient le calme. Après l’agitation joyeuse des bergers, après la marche des mages et leurs présents, l’Évangile nous fait entrer en ce jour dans un temps plus silencieux. C’est vrai, la fête est passée. Cependant, la lumière demeure même si elle éclaire autrement. Et ce climat particulier, nous le connaissons bien car c’est exactement celui que nous vivons aujourd’hui, entre Noël et le Nouvel An. Les premières réjouissances se sont apaisées, les rencontres se sont espacées, un temps de respiration s’ouvre… avant de reprendre la route tout renouvelés.


C’est donc bien dans ce calme, et non dans le tumulte, que Dieu parle à Joseph. En effet, alors que tout semble s’être posé, voilà qu’un songe survient. Non pas pour confirmer ce qui a déjà eu lieu, mais pour ouvrir un chemin nouveau : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte. » Ce silence n’est donc pas un temps vide ; il devient un espace d’écoute. Plus précisément, la Sainte Famille fait l’expérience que le repos apparent n’est pas l’immobilité, mais une disponibilité à la volonté de Dieu. Ainsi, nous comprenons que, pour nous aujourd’hui, la paix qui suit Noël n’est pas une fin en soi, car elle nous prépare aussi à un nouveau déplacement ; tout comme la Sainte Famille qui passe d’un calme fragile à une route incertaine. Incertaine ? Car ce deuxième songe conduit Joseph à protéger la vie, à quitter ce qui est connu pour entrer dans l’inconnu. Et là encore, combien cela rejoint notre propre expérience. Pourquoi ? Car ce temps d’entre deux fêtes nous permet aussi de relire ce que nous avons vécu, mais aussi d’anticiper ce qui vient, avec parfois une part d’inquiétude face à cette nouvelle année qui vient.


Dès lors, c’est dans ce contexte que la sagesse de Ben Sira prend tout son sens. En effet, pour lui, il ne s’agit pas de vivre la vie de famille comme un idéal abstrait, mais bien comme un art de vivre ensemble dans la durée ; un art véritable où le respect, la fidélité et la bénédiction se cultivent précisément dans ces moments calmes, quand la famille n’est plus portée par l’événement, mais appelée à se soutenir dans le quotidien.


De même, saint Paul prolonge également cette dynamique de la famille en nous invitant à revêtir des attitudes qui s’apprennent dans le temps long, telle que la patience, la douceur, le pardon. Bref, des vertus qui ne naissent pas dans l’agitation, mais dans le silence habité ; et ce, afin qu’elles deviennent des ressources intérieures qui nous permettront d’affronter les passages difficiles, les changements, les nouveaux départs… des ressources intérieures qui nous permettront d’accueillir avec encore plus de joie et d’amour tous ces moments de bonheur à venir.


Enfin, Joseph, au cœur de cet Évangile, nous montre enfin comment traverser ce temps de silence. Il ne parle pas, il n’explique pas, il n’anticipe pas. Il accueille la Parole de Dieu et il se lève. Bref, il agit en confiance. Sa foi est paisible, mais résolue. Sa foi s’enracine dans le calme et se déploie maintenant dans le mouvement. Ainsi, la Sainte Famille nous apprend que la paix véritable n’est pas l’absence de troubles, mais la confiance qui permet d’avancer quand un nouveau chemin s’ouvre devant nous.


Pour conclure, chers Frères et Sœurs, en ce temps particulier entre les fêtes de Noël et du Nouvel An, peut-être que certaines de nos familles ont connu récemment ce tumulte, comme après une naissance, après une fête, après une épreuve de la vie, après une décision importante. Mais voilà que vient cet appel au silence, à l’écoute, à la respiration. Aussi, accueillons ce calme comme une grâce, à l’image de la Sainte Famille. Ce calme, ce silence n’est toutefois pas vide ; car Dieu parmi nous, Emmanuel, y parle encore et y trace pour chacun de nous un nouveau chemin tout en nous assurant qu’il demeurera notre compagnon de route.


Ainsi, demandons au Seigneur la grâce d’une écoute confiante. Demandons Lui la grâce de marcher ensemble, même quand la route est incertaine. Demandons Lui surtout la grâce de croire que, sur ces chemins nouveaux, Dieu demeure au milieu de nos familles et de nos cœurs, comme il l’a été pour Jésus, Marie et Joseph. Enfin qu’Il nous aide à discerner, à écouter… à ajuster nos pas. Et lorsque le tumulte reprendra, que nous puissions marcher en confiance, comme la Sainte Famille, toujours guidés par la Parole reçue dans ce silence vécu.


Amen. Alléluia !

 

Frédéric Kienen



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