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À la Saint-Glinglin ? Non, dès aujourd’hui !

Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
Frédéric Kienen
il y a 6 jours
3 min de lecture

Toussaint - 1er novembre 2026

Ap 7, 2-4.9-14 , 1Jn 3,1-3 et Mt 5,1-12a


Chers Frères et Sœurs,


Parmi le florilège de nos expressions populaires, certaines un peu vieillottes voire perdues, figure l’expression d’une promesse dite sous la forme de boutade et empreinte d’humour pour couper court à une demande jugée irrecevable de notre part : « Oui, oui… à la Saint-Glinglin ! » Autrement dit : « Un jour peut-être… mais certainement pas demain et encore moins après ! » Eh bien, aujourd’hui, en célébrant la Toussaint, nous pourrions presque dire que nous célébrons la Saint-Glinglin… mais avec la différence fondamentale qu’aujourd’hui, la promesse est devenue réalité. Réalité que nous contemplons par cette vision de l’Apocalypse, au sens propre du terme de Révélation de ce qui est et sera pour ceux et celles qui vivent dans le Royaume de Dieu. Nous y voyons ainsi cette foule immense d’hommes et de femmes, venue de toutes les nations, rassemblée devant Dieu… et heureuse. Une foule que personne ne peut dénombrer et qui nous veut nous montrer que la sainteté n’est pas réservée à quelques personnes exceptionnelles. Au contraire, elle est le fruit de la transformation de tous ceux qui ont accueilli l’amour de Dieu dans leur chemin de vie de foi. Nous sommes donc bien loin d’une compréhension du mot apocalypse comme synonyme de destruction ou de fin du monde.


Un chemin de sainteté donc… mais pour qui et pourquoi ? La réponse nous est donnée par saint Jean lorsqu’il nous dit : « Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes ! » Nous sommes « enfants de Dieu » ! Voilà peut-être le plus beau secret de la Toussaint, dans le sens où cette solennité nous rappelle d’abord que la sainteté commence par une histoire d’amour et de filiation. Nous sommes tous les enfants d’un même Père, recevant et partageant ce même amour infini ; tous appelés à partager un jour pleinement sa vie.


Et dans cette grande famille, comme un fait indubitable, certains nous ont déjà précédés : nos grands frères et nos grandes sœurs baptisés dans la foi… des personnes exceptionnelles qui ont marqué notre tradition et l’Histoire. En ce sens, nous pourrions penser que la Toussaint est célébrée pour ces personnes, car ils ont laissé une trace, une marque universelle. Or, ce serait oublier tous ces visages familiers, ces personnes que nous avons connues et aimées, qui ont marqué notre existence par leur bonté, leur générosité ou leur fidélité. Leur vie n’a pas nécessairement été extraordinaire aux yeux du monde mais bien aux nôtres et surtout à ceux du Père ; ce Père unique qui pose le même regard d’Amour sur chacun de ses enfants, qui n’en oublie aucun, qui lui offre la même promesse. Et c’est justement ce que Jésus nous propose dans les Béatitudes, dans le sens où il nous donne comme un portrait de cette sainteté à laquelle chacun de nous est appelé, et où chacun de nous peut se reconnaitre : pauvre de cœur, doux, miséricordieux, artisan de paix, assoiffé de justice, capable de garder confiance même au milieu des épreuves. Bref, comme nous, tous les saintes et saints, les connus ou les discrets du quotidien, ont connu et partagé les mêmes fragilités, les mêmes difficultés, les mêmes inquiétudes. Mais, chacun d’eux à sa manière a laissé et laisse encore l’Amour du même Père nous inspirer et nous laisser transformer ; et ce pour construire en famille son Royaume par nous, avec nous et pour nous… ses enfants.

Pour conclure, chers Frères et Sœurs, aujourd’hui, en contemplant cette foule immense de l’Apocalypse, nous pouvons nous réjouir nous aussi car la promesse de l’Amour de Dieu pour tous ses enfants n’est pas une promesse à vivre à la Saint-Glinglin mais bien aujourd’hui même. La Toussaint célèbre ainsi la promesse que tous ces saintes et saints vivent cette joie que Jésus a annoncée dans les Béatitudes. Ils sont ainsi les témoins vivants de ce bonheur éternel en nous le rendant proche et accessible, non pas pour que nous reproduisions exactement leur parcours de vie pour l’atteindre, mais pour nous encourager et nous guider à trouver notre propre manière de vivre l’Évangile comme l’expression concrète de la sainteté, de l’Amour du Père. La sainteté n’est donc pas une question de perfection ni l’accomplissement de choses extraordinaires, mais cette disposition du cœur à vivre les moments ordinaires avec un amour extraordinaire.


Alors, ne considérons pas la sainteté comme un idéal inaccessible ou comme une affaire réservée à quelques-uns. Recevons-la plutôt comme la promesse et l’invitation à vivre pleinement notre identité d’enfants de Dieu. Car, au final, la Sainteté, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre pour plaire à Dieu mais bien de laisser grandir en nous l’amour du Père, jusqu’à lui ressembler un peu plus chaque jour.


Amen. Alléluia !

 

Frédéric Kienen



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