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40 jours, pour apprendre à aimer encore plus

  • Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
    Frédéric Kienen
  • 20 févr.
  • 4 min de lecture

1er Dimanche de Carême - 22 février 2026

Gn 2,7-9 ; 3,1-7a , Rm 5,12-19 et Mt 4,1-11


Chers Frères et Sœurs,


Chaque année, le Carême nous conduit au désert. Non pas un désert géographique (même si l’idée d’un peu de soleil ne pourrait que nous ravir), mais un désert intérieur. L’Évangile de ce premier dimanche nous montre Jésus qui, après son baptême, est conduit par l’Esprit pour y demeurer quarante jours. Quarante jours de silence, de dépouillement, de combat spirituel. Et c’est là que Jésus nous précède, pour nous apprendre à marcher avec Lui pour affermir notre foi en notre Père. En effet, ces quarante jours font écho à notre propre chemin de Carême. Ils sont un temps de pénitence, d’introspection, un temps pour prendre conscience de l’essentiel, de ce qui est vraiment nécessaire pour aimer davantage Dieu et pour vivre plus intensément notre foi en la Résurrection. Alors, méditons ensemble ce chemin sur lequel nous avançons accompagnés par Jésus.


Commençons déjà par revoir ensemble ce récit de la tentation de Jésus au désert. L’évangéliste nous montre un Jésus pleinement humain, éprouvé dans sa faiblesse après quarante jours de prière et de jeûne, confronté aux mêmes tentations que nous pouvons connaître dans notre vie. Ainsi, ce combat spirituel n’est pas un épisode secondaire car il révèle le sens profond du Carême. En effet, dans ces trois tentations, il ne s’agit pas seulement de défis personnels pour Jésus, mais d’un véritable enseignement pour ses disciples. Car ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement de résister au mal, mais d’apprendre à choisir Dieu, à lui faire confiance et à orienter toute notre vie vers lui. Ces tentations viennent ainsi éclairer le chemin que l’Église nous propose pendant le Carême, et elles font écho aux trois efforts qui nous sont demandés dès le Mercredi des Cendres : le jeûne, l’aumône et la prière.


La première tentation est celle du pain. Après quarante jours, Jésus a faim d’où Satan, attendant son état de faiblesse, lui suggère de transformer les pierres en pain afin de se rassasier. En réalité, cette tentation touche à notre rapport au corps, au besoin immédiat, à la matérialité. Elle porte donc sur notre effort du jeûne qui nous aide précisément à remettre de l’ordre dans notre relation à notre condition humaine. Toutefois, ne nous méprenons pas… jeûner, en ajustant notre relation à la nourriture et à la matérialité, ce n’est pas mépriser le corps, mais bien par l’expérience d’une privation volontaire de nous permettre de nous libérer, en ouvrant notre conscience au transcendant, en nous rassasiant d’une nourriture plus spirituelle, celle de la Parole et des Écritures. Ainsi, le jeûne nous apprend que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute parole qui sort de la bouche de Dieu et qui nous rassasie corps, âme et esprit.


La deuxième tentation est celle du spectaculaire où Satan demande à Jésus de se jeter dans le vide pour forcer Dieu et ses anges à intervenir. Ici, c’est la tentation d’utiliser Dieu pour soi-même, de réduire sa promesse de secours à notre bon vouloir. Plus précisément, dans notre vie, c’est la tentation de chercher la reconnaissance de l’autre, ainsi que la sécurité immédiate qui nous rassure personnellement ou le miracle qui conditionne notre foi. Face à cela, l’effort de l’aumône tend à nous décentrer sur les autres. Plus précisément, l’aumône nous sort de nous-mêmes, nous réapprend la confiance et le don gratuit. Ainsi, donner, ce n’est pas se montrer, ce n’est pas se mettre en avant, mais reconnaître l’autre comme un frère ou une sœur, digne d’attention et d’amour avant nous-mêmes.


Enfin, la troisième tentation est la plus profonde… c’est celle du pouvoir où Satan propose à Jésus de devenir le maître des royaumes de la terre en se prosternant devant lui. Concrètement, pour nous, c’est la tentation de remplacer Dieu par autre chose : le succès, la domination, la maitrise, l’ego. Face à cette tentation, la prière devient alors notre réponse. Pourquoi ? Car elle nous rattache directement à Dieu, en le remettant à la première place. Il n’y a plus d’intermédiaires, plus de conditions, juste un cœur à cœur entre un Père aimant et l’enfant aimé que nous sommes. Ainsi, prier, c’est reconnaître notre propre condition humaine et limitée ; c’est reconnaitre que nous ne sommes pas le centre et que notre vie trouve véritablement son sens dans la relation vivante et aimante avec le Père.


Pour conclure, chers Frères et Sœurs, n’oublions pas que le Carême, ces quarante jours d’effort par le jeûne, l’aumône et la prière, n’est jamais une fin en soi car il nous conduit toujours vers la joie pascale. Le Carême est donc bien ce temps précieux où Jésus nous conduit au désert pour nous apprendre à être plus libres dans notre foi et à choisir la vie. Non pas une vie superficielle, mais une vie enracinée, libérée, joyeuse et équilibrée car tournée vers Dieu, vers soi et vers les autres. Aussi, marchons avec Lui sur ce chemin exigeant, mais lumineux, pour que, purifiés et renouvelés, nous puissions entrer avec joie dans le mystère de la Résurrection.


Amen. Maranatha !

 

Frédéric Kienen



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