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Le Baptême du Seigneur, comme une double Épiphanie

  • Photo du rédacteur: Frédéric Kienen
    Frédéric Kienen
  • 11 janv.
  • 3 min de lecture

Baptême du Seigneur — 11 janvier 2026

Is 42,1-4.6-7 ; Ac 10,34-38 et Mt 3,13-17




Chers Frères et Sœurs,



Nous arrivons aujourd’hui à un moment charnière de l’année liturgique. En effet, avec la fête du Baptême du Seigneur, le temps de Noël s’achève et nous reconduit au temps ordinaire. Toutefois, ne réduisons pas celui-ci comme un temps creux ou intermédiaire en attendant le Carême puis Pâques, Non ! Ce temps n’est pas également une simple transition de calendrier, mais un passage spirituel important. Car après avoir contemplé l’enfant de la crèche, après avoir accueilli la lumière de Noël et l’Épiphanie révélée aux mages, l’Église nous invite à poser un regard neuf sur Jésus, l’Enfant-Dieu devenu maintenant homme, au moment où il entre pleinement dans sa vie publique et sa mission d’annoncer l’Évangile pour nous rejoindre au plus profond de notre humanité.


Dès lors, nous pouvons saisir que le Baptême du Seigneur est comme une nouvelle Épiphanie, une nouvelle manifestation de ce qui était encore voilé. À Bethléem, Dieu se révèle dans la fragilité d’un nouveau-né ; au Jourdain, il se révèle dans l’humilité d’un homme parmi les autres, faisant la queue avec les pécheurs, ces hommes et ces femmes qui attendent un baptême de conversion. Cela peut nous étonner… pourquoi Jésus, qui n’a jamais péché, demande-t-il à être baptisé ? Justement parce qu’il ne veut pas rester à distance. Jésus choisit d’être avec nous, là où nous sommes, avec nos fragilités, nos limites, nos péchés. Il est l’Emmanuel, qui ne nous sauve pas de loin mais de l’intérieur. Ainsi, en descendant dans l’eau du Jourdain, il révèle déjà ce qu’il fera toute sa vie : marcher avec nous, porter nos fardeaux, partager notre condition incarnée.


Toutefois, cette nouvelle Épiphanie n’est pas spectaculaire au sens du monde. Au moment du baptême, il n’y a ni miracle éclatant ni parole tonitruante, seulement de l’eau et un geste simple. Mais c’est au moment où Jésus sort de l’eau que l’extraordinaire rejoint l’ordinaire. En effet, le ciel s’ouvre et le Père prend la parole : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Cette Parole est précieuse pour deux raisons. Elle nous révèle d’abord qui est Jésus, comme le Fils, aimé du Père, rempli de l’Esprit Saint, envoyé pour nous et notre salut. En ce sens, Dieu se manifeste discrètement, dans un signe ordinaire, pour nous dire quelque chose d’essentiel sur lui-même. Plus précisément, il choisit la proximité, la solidarité avec l’humanité et le chemin de l’amour humble.


Cette Parole nous révèle aussi quelque chose de fondateur pour nous-mêmes, pour notre foi. En effet, elle nous invite à revenir sur notre propre baptême. Trop souvent, nous le considérons comme un événement du passé, un souvenir d’enfance. Or le baptême est une réalité vivante. Il est une invitation permanente au dialogue avec Dieu, une relation personnelle avec Celui qui nous aime. Car par notre baptême nous avons reçu également cette Parole : « tu es mon enfant bien-aimé. » Ainsi, cette Parole nous ouvre un chemin… celui de la rencontre, de la conversion du cœur, de l’apprentissage patient pour connaître et suivre le Christ ; un chemin où nous sommes guidés par le même Esprit et la certitude que nous sommes aimés. Car, comme Jésus commence sa mission en recevant cet amour du Père, nous aussi, nous sommes appelés à vivre par Son Esprit d’amour et le laisser nous retourner, c’est-à-dire nous convertir. Ainsi, se convertir, ce n’est pas d’abord changer des règles extérieures, mais changer de regard, laisser Dieu nous rejoindre là où nous sommes, et accepter qu’il nous transforme peu à peu dans notre quotidien, en laissant son Esprit agir en nous.


Pour conclure, chers Frères et Sœurs, en ce jour où le temps de Noël s’achève, le Baptême du Seigneur que nous fêtons ce jour nous invite à méditer ce mystère de l’incarnation, mais aussi à nous laisser interpeller par lui. Pourquoi ? Car cette fête ne révèle pas seulement qui est Jésus ; elle révèle aussi qui nous sommes appelés à être et quel type de relation Dieu veut nouer avec chacun de nous. C’est donc dans cette double lumière – révélation du Christ et appel pour notre propre vie – que nous sommes invités à entrer.


Aussi, demandons la grâce de ne pas refermer et passer cette fête comme nous rangerions nos décorations de Noël. Que cette Épiphanie au Jourdain ravive en nous la joie de notre baptême, le désir de la rencontre avec Dieu et la confiance d’enfants aimés. Ainsi, à la suite du Christ, nous pourrons nous aussi « passer en faisant le bien », en témoignant humblement de Sa lumière qui s’est manifestée pour le salut de notre monde.


Amen. Alléluia !

 

Frédéric Kienen



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