Célébration en confinement

Dimanche 24 janvier 2021

Troisième dimanche du

temps ordinaire

" Convertissez-vous et croyez

à l'Évangile " "

Marc 1, 15

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Le temps de l'urgence

 

 

Les trois lectures de ce dimanche font allusion au « temps » : le temps dans sa durée, le temps qui passe. 'Un temps très court', 40 jours, avant que la ville de Ninive soit détruite ; 'un temps de vie sur cette terre qui est limité' comme le rappelle St Paul ; 'les temps qui sont accomplis' selon la proclamation de Jésus dans l'évangile. Découvrons plus avant cette notion ''du temps'' dans chacun des textes.

Nous connaissons Jonas et son histoire. Le livre de Jonas dans la Bible est un conte merveilleux de quatre pages dans le premier Testament. Après quantité de péripéties, Dieu demande à son prophète Jonas de porter un ultimatum aux habitants de Ninive. Ninive : la grande ville païenne, la capitale de l'Assyrie, les pires ennemis d'Israël (qui l'ont écrasé et envahi dans le passé) ! Jonas, au nom de Seigneur-Dieu, doit aller dans cette ville hostile porter un cri d'alarme : « Encore 40 jours et Ninive sera détruite ». « Plus que 40 jours pour vous convertir et vous tourner vers Dieu ». Le temps est donc très court ; le temps presse pour changer de cap, pour passer du temps sans Dieu au temps de la foi en Dieu. Et à la grande surprise de Jonas, les gens l'écoutent « aussitôt » et ... ils crurent en Dieu. Le court délai de temps a fait sont œuvre ! Sans perte de temps, les habitants de Ninive ont saisi l'urgence d'accueillir la miséricorde de Dieu.

Dans la 2e lecture, St Paul dit sans détour aux chrétiens de Corinthe : « Je dois vous le dire : le temps est limité ! ». Le temps de votre vie sur terre est limité. Sous-entendu : ce temps terrestre passe vers un autre temps, un autre monde, une autre existence ... définitive, celle-là, en Dieu. En conséquence, continue saint Paul, si vous êtes croyants, ne vivez pas ici-bas en absolutisant les choses, les biens, les personnes ou encore les difficultés et les épreuves de ce monde. Et il va plus loin encore : « que ceux qui ont une femme fassent comme s'ils n'en avait pas ! » Surprenant ! Paul ne dédaigne pas le mariage ou les femmes. Non, il met en garde en demandant de ne pas chercher à posséder l'autre, à se l'approprier. Paul le dira ailleurs : l'essentiel est dans l'amour. « La seule chose qui ne passera pas, c'est Amour ». En parlant du temps qui est limité, du monde qui passe, Paul appelle chacun.e au discernement de la juste valeur des personnes et des biens au regard de Dieu.

Enfin dans l'évangile de Marc, au chapitre 1er, Jésus entame sa prédication en proclamant : « Les temps sont accomplis ». Le temps des prophètes, le temps de l'attente du Messie sont arrivés à leur terme. Maintenant Dieu accomplit sa promesse : un temps nouveau commence ; le temps du Règne de Dieu, le temps du Dieu tout proche en la personne de Jésus. « Regardez-le agir ; écoutez-le parler, dit saint Marc, et vous verrez comment Dieu guérit, soigne, relève, pardonne et finalement ressuscite. En Jésus et par lui, le Règne de Dieu s'est approché de l'humanité, de vous tous et toutes ; il est déjà à l'œuvre ». En conséquence, conclut St Marc, vous les lecteurs, les auditeurs de Jésus ... ''convertissez-vous'', étymologiquement ... « tournez-vous vers ce Jésus qui vient à votre rencontre ». Le verbe 'convertir' ne doit pas nécessairement être pris au sens moral du terme mais presque au sens physique : « Vous qui avancez dans la vie sans parfois savoir où vous allez, tournez-vous vers Jésus, suivez-le, prenez son pas pour aller vers la Vie et, chemin faisant, découvrez et croyez qu'Il est ‘Bonne Nouvelle’ », une heureuse nouvelle pour vous-même, pour votre route et pour votre vie.

Ce sont ces paroles-là que les quatre premiers disciples ont entendues le long de la mer de Galilée. Des paroles de bonheur, d'avenir sortant de la bouche de Jésus au point qu'ils ont tout lâché sur le champ pour l'accompagner, et leur métier et leur entourage, convaincus que le message de Jésus et du Règne de Dieu étaient pour eux, qu'ils ne pouvaient pas attendre et laisser passer cette chance. « Aussitôt, dit le texte, ils partirent à sa suite » sans hésitation pour porter à d'autres ce bonheur de leur rencontre avec Jésus et pour apprendre aux côtés de leur Maître à sortir de leurs filets et des eaux troubles de la vie tant d'hommes et de femmes en mal ou en difficultés avec leur existence.

Il est temps de conclure. Le temps passe, notre temps sur cette terre passe inexorablement. Ce temps est unique et précieux. L'urgence de Dieu (les 40 jours) comme l'urgence de Jésus (au bord du lac) témoignent de l'urgence d'instaurer le Règne de Dieu dès ici-bas, dans le monde et dans nos vies. L'urgence de proclamer aujourd'hui encore et plus que jamais peut-être la Bonne Nouvelle ; l'urgence d'accueillir et de vivre cette Bonne Nouvelle ; l'urgence de faire les bons choix de vie, de discerner l'essentiel et de l'accomplir.

Notre prière de demande devient celle du psaume 24 : « Fais-nous connaître tes chemins, Seigneur ! Ils sont chemins de vie, de bonté et de salut ! »

 

André Dawance, Doyen

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