André Dawance, doyen

" ... Pourquoi voulez-vous

me mettre à l'épreuve ? "

Matthieu 21, 18

Dimanche 18 octobre 2020

Rendez au Seigneur la gloire et la puissance. Il n'y a pas d'autre Dieu. Cependant, le chrétien ne peut rester en marge de la vie sociale; Jésus nous invite à discerner ce qui revient à Dieu et ce qui revient à César.

L'Évangile bien connu de ce dimanche suscite en nous de multiples questions : existe-t-il une politique chrétienne ? Un État peut-il se revendiquer du Christianisme ou d'une autre religion, de l'Islam par exemple ? Ou encore, quels sont les rapports entre la religion et la politique ?

Autant de questions qui renvoient à notre actualité et qui par ailleurs ne sont pas étrangères aux contemporains de Jésus. Faut-il payer l'impôt à l'empereur César ?

La question posée à Jésus est piégée, on le sait. Répondre OUI, c'est se mettre à dos les pharisiens qui considèrent que la Terre d'Israël appartient à Dieu et au peuple élu. Par contre, répondre NON, c'est se montrer, aux yeux des Hérodiens, ennemi de Rome ; eux qui cherchent à tirer profit de l'occupant romain et collaborent avec lui.

La situation est compliquée pour Jésus. Pourtant il va déjouer le piège : ''Montrez-moi le denier de l'impôt''. Sur une face, figurait l'effigie de César, sur l'autre une inscription : ''Tibère César, fils du divin Auguste, Empereur''. On connait la célèbre réponse de Jésus qui est devenue proverbiale : 'Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu''.

Cela veut-il dire que Jésus renvoie ses opposants dos à dos ? Les croyants ... dans leurs lieux de culte et les politiques ... dans leurs salles ? Chacun dans son domaine ! Cela serait un peu court ! Les croyants, comme tout bon citoyen, ont à contribuer aux frais des services publiques et à s'engager au service du bien commun. Mais pour Jésus, il est tout aussi important de rendre à Dieu ce qui est à Dieu ; rendre à Dieu son effigie qui est inscrite en tout être humain : ''l'homme est fait à l'image et à la ressemblance de Dieu'' et non à l'image de César !

En clair, cette parole de Jésus permet d'échapper à trois tentations.

Celle d'abord d'utiliser la religion au service de l'État. On se sert de Dieu pour imposer ses idées, ses lois, son pouvoir. C'est le 'Gott mit uns' sur les ceinturons ; c'est le 'Allah akhbar des d'Yihadistes. Jésus a toujours refusé qu'on fasse de lui un roi, un messie politique. Son Royaume n'est pas de ce monde.

Ensuite, celle de se servir de l'État pour imposer sa religion. C'est ici la religion du roi ou du chef qui devient celle de son pays. Dans l'Histoire que de guerres de religions trouvent leur origine dans cette dérive, en laissant le plus souvent dans la mémoire des peuples des traces profondes et malheureuses. Jésus a toujours refusé les avances du diable qui lui offrait tous les royaumes de la terre.

Enfin, celle de renvoyer la religion dans le domaine privé. ''La religion étant perçue comme une source de conflits et de violences, écartons-là de la vie sociale. Qu'elle soit évacuée de la place publique (et de l’école !) ; que la foi soit une affaire personnelle et que les croyants se réunissent dans leurs églises et mosquées, mais que pour le reste... ils se taisent ! '' Tout l'Évangile nous montre que le règne de Dieu se joue et se construit au sein du monde. Servir Dieu, c'est servir l'homme, la société et le monde. La religion a sa place dans l'espace public. Et la foi chrétienne a une parole à dire sur un grand nombre de problèmes de société : la protection des plus faibles, le respect de la vie aux différents âges, le partage des richesses, le souci de la ''Maison commune'' (Pape François), etc.

Non seulement une parole, mais aussi des engagements à prendre et à tenir ... pour ''rendre à Dieu, ce qui lui appartient''.

André Dawance, Doyen

RENDEZ à César... et RENDEZ à Dieu

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