Abbé Fernand Sprimont

Dimanche 18 octobre 2020

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »

 

 

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». À 1re vue la conclusion semble évidente : la politique et la foi sont 2 choses séparées, elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Pourtant, il est plus qu’évident que tout le message, toute la vie de Jésus, vont à contre-courant d’une telle séparation.

 

En effet si la foi est de l’ordre de la vie privée, pourquoi Jésus est-il condamné à la peine capitale par les autorités politiques sinon parce qu’il s’immisçait dans la vie de la société en essayant de libérer et rendre la parole aux plus petits ainsi qu’aux femmes qui n’avaient accès à aucun pouvoir de décision. Tout cela dérangeait beaucoup trop le monde politique qui choisit donc d’éliminer ce gêneur.

 

Mais alors que veut dire Jésus par ces mots : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». 

 

Pour comprendre, il suffit de regarder l’histoire de tous les peuples. À travers les siècles et à travers le monde, combien de rois, empereurs, dictateurs, et encore aujourd’hui de politiciens (regardez vers l’extrême droite), utilisent la religion pour asseoir leur pouvoir, pour imposer leurs idées, leurs lois, leur morale, instaurer un système juridique et économique tout à leur profit. Les exemples ne manquent pas. Un peu comme César, ils se prennent pour des dieux. 

Mais l’inverse est tout aussi vrai, combien de chefs religieux, aujourd’hui encore, utilisent la crédulité du peuple et leur influence religieuse pour tenir en main les rennes de la politique ?

 

Jésus vient donc nous mettre en garde contre cette confusion du pouvoir, mais cela ne signifie pas que la religion et la politique soient indifférentes l’une à l’autre. En effet, le danger est grand de reléguer la religion dans le domaine privé et certains d’ailleurs entretiennent bien le fossé, ce qui leur laisse davantage les mains libres. Pendant des années, on a entretenu l’idée que la religion n’avait rien à voir en politique. Encore aujourd’hui on défend aux clercs comme aux religieux de prendre un engagement politique.

En conséquence nous voyons des jeunes s’engager dans la vie religieuse avec beaucoup de piété mais très peu sensibles à l’engagement sur le terrain et oubliant la réalité du monde.

 

N’est-il pas regrettable que de moins en moins de chrétiens s’engagent dans la vie politique tellement celle-ci semble gangrénée par les « affaires » ou parce qu’elle n’a plus la confiance du monde. Mais justement, n’est-ce pas un devoir des chrétiens que de se préoccuper de la gestion de leur ville ou de leur pays ?

 

Même si nous nous sentons trop petits pour changer les mentalités ou le cours des choses, nous avons le devoir de dénoncer toutes les injustices et de contribuer à assurer à tous, surtout aux plus pauvres, des conditions décentes d’existence.

 

Travailler à une bonne gestion de notre cité, n’est-ce pas rendre à Dieu ce qui est à Dieu ?

 

Abbé Fernand Sprimont

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" Hypocrite ! Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? "

Matthieu 21, 18

Rendez au Seigneur la gloire et la puissance. Il n'y a pas d'autre Dieu. Cependant, le chrétien ne peut rester en marge de la vie sociale; Jésus nous invite à discerner ce qui revient à Dieu et ce qui revient à César.

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